Stop à l'anxiété !

Définition des troubles anxieux

Une sensation d’oppression thoracique, des palpitations, des sueurs, des tremblements, de la gorge serrée, etc. rend incapable de gérer ses activités.

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Différents symptômes s’associent aux angoisses: une sensation d’oppression thoracique, des palpitations, des sueurs, des tremblements, de la gorge serrée, etc. rend incapable de gérer ses activités. Une anxiété excessive représente plus qu’un simple trac: c’est une maladie qui mérite une prise en charge adaptée.

Il en existe plusieurs types: phobies, panique, anxiété généralisée, etc .. Ils diffèrent par les symptômes qui accompagnent et par leurs causes.

« Dans les moments de grande tension, l’esprit se fixe sur un détail sans importance dont on se souvient bien longtemps après, comme si l’anxiété nous l’avait à jamais gravé dans le cerveau. »

Ces paroles d’Agatha Christie dans  Le mystérieux Mr Quinn  décrivent en partie ce qu’est l’anxiété: une sensation de tension intérieure, alors même que rien n’est à craindre. L’anxiété peut être paralysante, ou au contraire susciter l’agitation, de sorte que l’on est incapable de rester en place. Elle concerne souvent une situation particulière ou un objet particulier: la peur d’un nouveau contexte social que l’on est incapable d’affronter, par exemple, sur le changement de travail, les préoccupations excessives concernant son état de santé, la crainte de monter en voiture après un accident, etc.

Mais l’anxiété et l’inquiétude sont des sensations nécessaires.

Que l’enjeu soit une promotion professionnelle ou un résultat sportif, la plupart des individus éprouve une certaine inquiétude vis-à-vis du résultat final. L’anxiété est une émotion, qui est utile si elle reste modérée. Elle représente une réaction adaptée face à une situation difficile. Être anxieux, une personne est d’autant plus motivée à se préparer pour un examen ou à s’entraîner pour un championnat important, et peut trouver l’inspiration nécessaire à la réalisation de cette tâche. L’anxiété prépare l’individu à faire face à des situations difficiles ou menaçantes, le pousse à agir, et l’aide à sortir d’un mauvais pas. 

L’anxiété pousse à agir !

Éprouver de la nervosité en prévision d’une situation anxiogène est normale 

Mais quand les troubles sont pathologiques, l’angoisse est exagérée et perturbe la vie sociale, familiale ou professionnelle. Dans ce cas, différents symptômes associent aux angoisses: une sensation d’oppression thoracique, des palpitations, des sueurs, des tremblements, de la gorge serrée, etc. rend incapable de gérer ses activités. Une anxiété excessive représente un simple trac: c’est une maladie qui mérite une prise en charge adaptée.

Les troubles anxieux sont les syndromes cliniques les plus remaniés des dernières versions des manuels diagnostiques des troubles mentaux. Freud avait proposé deux théories de l’angoisse.

Selon la première, formulée en 1895, l’anxiété a produit une pulsion sexuelle inhibée, soit par répression, soit par frustration.

Selon la seconde, datant de 1926, l’angoisse indique une angoisse automatique liée à un conflit psychique: elle alerte le moi et refoule le conflit.

Dans la première théorie, le refoulement crée l’angoisse, alors que, dans la seconde, c’est l’angoisse qui provoque le refoulement.

Le psychiatre américain John Bowlby (1907-1990) a montré que, lorsqu’un bébé est séparé durablement de sa mère, il développe trois réactions successives: protestation, désespoir, puis détachement. La psychanalyste britannique d’origine autrichienne Mélanie Klein (1882-1960) s’est inspirée des travaux de Bowlby pour expliquer l’attaque de panique: la crise anxieuse correspondrait à une protestation face à une angoisse de séparation inconsciente.

14% de la population Européenne sont touchées par des troubles anxieux

1,5 Européen sur 10

En 1995, une étude épidémiologique réalisée par l’Institut américain de la santé mentale a montré que 15% de la population des Etats-Unis souffre d’anxiété. Et en 2011, une évaluation de la santé mentale des Européens a souligné que les troubles anxieux sont les maladies psychiques les plus fréquentes, touchant plus de 14% de la population européenne. D’après les différentes études, 2,1% de la population souffre de panique, 4,8% d’agoraphobie (un trouble se manifestant par une peur irrationnelle de ne pouvoir échapper à une situation ou de ne pas pouvoir être secouru en cas d’attaque de panique) et jusqu’à 8,5% d’anxiété généralisée.

Qu’est-ce que l’anxiété?

Cette pathologie prend des formes diverses ayant leurs spécificités, mais il existe un socle commun de symptômes. Ainsi, l’anxiété est une émotion désagréable qui se traduit par une sensation subjective de malaise et de tension interne. En général, les pensées de l’anxieux sont orientées vers l’avenir: il s’inquiète facilement pour lui-même ou pour ses proches. Il imagine des scénarios catastrophiques, tels qu’un échec personnel ou un professionnel, la survenue d’une maladie grave, d’un accident mortel, des difficultés financières, etc.

Les troubles anxieux perturbent le comportement, les pensées, les sentiments et les perceptions physiques. Les symptômes vont d’une simple inquiétude à des épisodes de terreur handicapants.

Les symptômes sont semblables dans les diverses entités, qui diffèrent par l’objet ou la situation déclenchant la crise. Ainsi, l’agoraphobie est liée aux espaces dans lesquels le sujet se sent menacé. La phobie sociale est déclenché par le regard des autres, le stress post-traumatique par un événement pénible. Les symptômes sont somatiques psycho-comportementaux. Les premiers correspondent à un fonctionnement exagéré du système nerveux autonome (qui assure les fonctions vitales, telles que la respiration et les battements cardiaques). On constate une accélération et des troubles du rythme cardiaque, notamment de courtes pauses du rythme qui compensent les accélérations et donnent parfois l’impression à l’anxieux que son cœur va s’arrêter, des douleurs thoraciques (le patient redoute de faire un « infarctus »), des variations de la tension artérielle. Les symptômes respiratoires s’étendent d’une légère oppression à des sensations intenses d’étouffementle patient a le « souffle coupé » et une « boule dans la gorge ». Il peut avoir des nausées et de la diarrhée. Il ressent parfois une tension musculaire pouvant devenir douloureuse, des tremblements, des fourmillements ou encore des bourdonnements d’oreilles.

Les troubles de l’anxiété

D’autres symptômes gênent la personne anxieuse et renforcent son malaise: une sudation excessive, une pâleur anormale et des bouffées vasomotrices (elle rougit facilement). Ces symptômes somatiques accompagnent toujours les états anxieux. Ils poussent le sujet à consulter un médecin généraliste, un médecin urgentiste ou un cardiologue. Le psychiatre n’est généralement pas consulté en première intention.

Au-delà du simple trac

Outre ces symptômes, plusieurs symptômes psychiques et comportementaux existent. Parfois, le patient vit des expériences de dépersonnalisation – il a le sentiment de se sentir étranger dans son propre corps – ou de déréalisation – il perd le contact avec le monde environnant. Quand l’anxiété devient intense, le sujet présente des troubles cognitifs, par exemple une inhibition de la pensée (il ne peut plus réfléchir). Celle-ci se traduit aussi dans les comportements: c’est la sidération. Mais une agitation, voire un comportement agressif, peut masquer cette inhibition anxieuse.

Toutefois, plusieurs études ont montré que pour chaque individu devant réaliser une performance dans des conditions déterminées, un niveau d’anxiété optimal existe. Ainsi, les performances sont diminuées quand l’anxiété est excessive, mais elles le sont aussi quand elle est insuffisante!

L’anxiété présente donc plusieurs formes et de nombreux symptômes.

Qu’en est-il de ses causes? Elles sont tout aussi variées. Quand on ne trouve pas une cause unique, on en propose en général plusieurs: après les théories psychologiques de Freud, des causes organiques, fonctionnelles et cognitives ont été avancées. Parmi les hypothèses organiques, on a suggéré que l’anxiété résulterait d’un dysfonctionnement du système de régulation du métabolisme et de la respiration, dû à une hypersensibilité aux variations de la concentration sanguine en dioxyde de carbone, c’est-à-dire de l ‘acidité du sang. La concentration en dioxyde de carbone et l’acidité du sang dépendent du rythme de la respiration: si la respiration accélère, la concentration sanguine en dioxyde de carbone diminue, celle de l’acide carbonique aussi, et le pH  augmente (le sang devient basique ). Ainsi, des troubles de la respiration changeraient le  pH  sanguin, qui à son tour perturberait le fonctionnement des neurones et pourrait causer une anxiété. On a également proposé des anomalies de deux systèmes impliquant des neuromédiateurs (la noradrénaline et la sérotonine): ces derniers rendraient les sujets hypersensibles aux stimulus et leurs réactions au stress seraient exacerbées.

 

L’anxieux a l’impression qu’il doit agir vite contre un danger, mais il ignore la nature, et, par conséquent, ce qu’il doit faire.

 

Une inhibition des actes

On doit permettre au patient de modifier la représentation de son angoisse et de mieux la comprendre, d’identifier les divers facteurs de stress pour les combattre ou les accepter.

Sur le plan cognitif, on considère que le sujet anxieux, devenu incapable de traiter les informations qu’il reçoit, ne peut plus agir: il est victime de ce que l’on nomme une interruption des plans d’action. Cette inhibition désagréable engendre une activité excessive psychique destinée à favoriser la recherche de plans d’action. Mais cette recherche est improductive, d’autant que le traitement de l’information est sélectif: les éléments anxiogènes sont favorisés et renforcent la perception d’un danger imminent ou incontrôlable. L’anxieux a l’impression qu’il doit agir vite face à un danger, mais il ignore la nature et, par conséquent, ce qu’il doit faire; il est alors incapable d’agir de façon adaptée. Ce schéma de danger permanent donne au sujet une vision erronée de lui même et de son environnement. Il est sans cesse en alerte, hypersensible à tous les signaux de danger potentiel.

L’inquiétude face au danger

En outre, l’anxiété serait toujours plus vulnérable: au gré des événements négatifs de sa vie, il développe des réactions émotionnelles de moins en moins adaptés, de plus en plus intenses et de moins en moins contrôlables, ce qui déclencherait une alarme neurobiologique à la moindre stimulation extérieure.

Face à ces contraintes, les stratégies d’ajustement au stress s’épuisent. Les patients perdent le sentiment de pouvoir contrôler quoi que ce soit, ce qui leur arrive ou leurs aptitudes à réagir. Leurs capacités d’adaptation sont dépassées, les schémas de danger permanent prennent le dessus.

En conséquence, les troubles anxieux peuvent être graves, mais on sait souvent les traiter. L’objectif principal de la prise en charge est éducatif. On doit permettre au patient de modifier la représentation de son angoisse et de mieux la comprendre, d’identifier les divers facteurs de stress pour les combattre ou les accepter. Des techniques simples fondées sur la relaxation, le contrôle de la respiration et la maîtrise des pensées aident le sujet à gérer son angoisse, puis à la dominer. Dans ce cadre, les thérapies comportementales et cognitives sont efficaces.

Cependant, des médicaments sont parfois nécessaires, lorsque le patient ne parvient pas à s’adapter aux événements anxiogènes de son quotidien et éprouve des difficultés à gérer sa souffrance psychologique. Le traitement doit être considéré comme une solution de dernier recours, et il ne remplace pas le soutien indispensable d’une psychothérapie. Sur le traitement de la crise d’angoisse – où les anxiolytiques peuvent être indiqués, mais ne doivent pas être prescrits plus de 12 semaines – du traitement de fond – où l’on cherche à réguler les quantités de sérotonine dans le cerveau. Dans ce cas, on peut prescrire des antidépresseurs, pour une durée brève, de six mois à un an.

L’anxiété est nécessaire et bénéfique, quand elle nous permet d’être vigilant et de réagir à certains événements. Mais quand elle devient importante, elle perturbe la vie quotidienne et est néfaste: les personnes atteintes de ce trouble ont souvent des difficultés d’insertion sociale ou professionnelle, et ont tendance à s’isoler. Une prise en charge adapté est alors nécessaire. En outre, l’anxiété fait parfois le lit d’une dépression. Un argument supplémentaire pour la traiter. Et dans tous les cas, plus tôt on prend en charge le trouble, meilleur est le pronostic.

 


 

LA CLASSIFICATION DES TROUBLES ANXIEUX

  • L’attaque de panique: une appréhension intense ou une peur associée à des sensations de catastrophe imminente apparaît soudain chez le sujet. Il a le « souffle coupé », des douleurs thoraciques et des sensations d’étranglement; il perd le contrôle de lui-même.
  • L’agoraphobie: le sujet évite des endroits ou des situations d’où il lui serait difficile de s’échapper, et où aucun secours ne serait disponible s’il paniquait. Certaines personnes souffrent de troubles paniques avec ou sans agoraphobie, et d’autres sont agoraphobes alors qu’elles n’ont jamais eu d’attaque de panique.
  • La phobie spécifique: le sujet redoute l’exposition à un objet ou à une situation spécifique et l’évite. Par exemple, certains patients ont peur des chiens, de la lumière, des clowns, des piqûres, etc.
  • La phobie sociale: le sujet cherche à éviter certaines situations sociales – un dîner, un mariage … – ou des situations de compétition et de performance où il se sent jugé.
  • Le trouble obsessionnel compulsif (TOC): le sujet à des obsessions qui entraînent une anxiété ou une souffrance, et parfois des compulsions, tel se laver les mains sans arrêt, dont l’objectif est de neutraliser l’anxiété.
  • L’état de stress post-traumatique (PTSD): le sujet se remémore en permanence un événement traumatique, et souffre de différents symptômes: sudation, accélération du rythme cardiaque, etc. Il évite tout stimulus associé au traumatisme.
  • L’état du stress aigu: il correspond aux symptômes de l’état de stress post-traumatique, mais il survient juste après un événement traumatisant et ne dure que quelques jours.
  • L’anxiété généralisée: le patient souffre d’anxiété et ce, depuis plus de six mois.
  • Le trouble anxieux dû à une maladie généralisée: il est la conséquence physiologique d’une maladie.
  • Le trouble anxieux dû à une substance:  il résulte de la consommation d’une drogue ou d’un médicament.
  • Le trouble anxieux non spécifique: le sujet est victime des symptômes du trouble anxieux, sans cause avérée.

 


 

TÉMOIGNAGE D’UNE AGORAPHOBE

Audrey est au supermarché. Son caddie est rempli, et elle cherche avec une tension visible une caisse où il y a peu de monde. Mais aucune n’est libre. Elle se décide pour une caisse où seulement quatre personnes patientent. Elle se sent déjà mal à l’aise, mais elle essaie de ne pas y prêter attention. Jusqu’à ce que deux autres clients se placent juste derrière elle dans la file. Très vite, les sueurs froides, puis les bouffées de chaleurs l’envahissent. Elle n’arrive plus à respirer, ressent une boule dans la gorge et a l’impression d’étouffer. Son cœur bat fort, et sa cage thoracique se resserre. Elle a peur de perdre le contrôle, de s’évanouir ou de faire une crise cardiaque. Elle s’enfuit!

 

En bref

  • L’anxiété concerne plus 10% de la population.
  • Les troubles sont nombreux, de l’attaque de panique à l’anxiété généralisée, en passant par les phobies et les troubles obsessionnels compulsifs.
  • Les symptômes sont handicapants, mais des traitements existent. Les thérapies cognitives et comportementales sont efficaces, et les médicaments ne sont pas forcément nécessaires.

 

Voilà donc un article qui vous apprendra à mieux connaître « l’anxiété ». Pensez bien qu’il est difficile de combattre quelque chose que l’on ne connaît pas !

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Prenez soin de vous

Romain

 

 

L’essentiel Cerveau & Psycho n ° 10 – Vaincre son anxiété

Jérôme Palazzolo, psychiatre, est professeur au Département santé de l’Université internationale Senghor, à Alexandrie en Egypte, chargé de cours à l’Université de Nice – Sophia Antipolis et chercheur associé au Laboratoire d’anthropologie et de psychologie cognitives et sociales, LAPCOS, à Nice.

 

 

 

 

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